jeudi 5 août 2021

"Le tête-à-queue de la jeunesse posthume", de Patrice Maltaverne


12 X 15 cm

82 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9561971-6-4

Ce recueil est une anthologie de 50 poèmes écrits entre 1989 et 2020, dont la plupart ont paru en revues. Une manière comme une autre de mesurer le temps parcouru, à l'occasion de mes 50 ans.
Une sorte de résumé de ce que j'ai écrit depuis plus de trente ans.
J'exprime là ma fidélité par rapport à ma vision de la poésie, et en même temps, aux revues qui ont publié ces poèmes, dont certaines sont aujourd'hui introuvables.

Extrait de "Le tête-à-queue de la jeunesse posthume" :

"docteur
donnez-moi une crème des médicaments
afin que je puisse retourner sur le tatami
pas pour les battre
les ceintures d'or vont trop vite
mais je veux être encore une fois
étalé sur le sol tout rouge tout bleu
entre quatre lignes infinies
comme Jésus Chris
que je me sente encore une fois
knock-out

soignez mes blessures d'immédiat
c'est si beau de reprendre
une séance de baffes
quand tout autour de soi est si propre
comme un jardin d'hiver"

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mercredi 2 juin 2021

"Devant l'ailleurs", de Marie Alcance et Beau André


12 X 15 cm

93 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9561971-5-7

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Afin de vous placer "Devant l'ailleurs", et en guise de découverte, ce poème extrait du recueil :

La Ceinture

Je détache la ceinture :
un léger bruit - chuinte le vide.
J'oublie la rue, les courses, d'autres insanités.

Ce grincement de la ceinture
qui rentre au fourreau
joue dans la nuit comme un agnus dei :
trace fugitive dégringolée d'une place inattendue.

Les mains au volant, je suis restée
écouter les yeux penchés.
J'ai glissé dans ma gangue.
Pffffft.

Marie Alcance aime à s'inventer un bureau au soleil, comme elle aime chercher à traduire ses pensées en poèmes. Pour elle, la lecture, autant que l'écriture, tient de la foi et de la pratique.
Publications dans les revues Nouveaux Délits et Cabaret en 2021.
Devant l'ailleurs est son premier recueil.

Beau André vit et travaille aux États-Unis. Son médium de prédilection est la peinture à l'huile, son sujet préféré, la complexité des visages. Elle délaisse parfois le pinceau pour la plume. Vous pouvez trouver ses toiles à cette adresse : www.beauandre.com

jeudi 31 décembre 2020

Préliminaires sur les éditions

Un petit problème…


L’idée m’est venue de créer les Editions Le Citron Gare (ex Citron noir), qui n’en sont pas vraiment d’ailleurs, à la suite d’un constat crucial, résumé ci-après.

Certains poètes sont beaucoup édités par beaucoup d’éditeurs et pourtant, à lire leurs productions, j’ai souvent du mal à comprendre pourquoi ces œuvres là ont été retenues plutôt que d’autres, à moins qu’il ne s’agisse d’un effet de mode (faudrait que les éditeurs m’expliquent avec franchise le pourquoi du comment et ça c’est pas gagné).

Pire encore, il arrive que la lecture de ces textes choisis n’excite guère mon imagination, ce qui a pour effet de provoquer à plus ou moins long terme un irrépressible bâillement qui peut déboucher sur une crampe de la mâchoire pouvant aller même jusqu’à son décrochage.

Pourquoi ?

C’est difficile à exprimer. Cependant, il y a quelques constantes. Ces poésies sont toujours bien écrites, mais il s’agit en général d’écritures de rigueur budgétaire ou, si vous préférez, de régime sans sel, champêtres (alors que la population de ce pays vit majoritairement en ville), intimistes, voire abstraites et pour finir désincarnées.

Je lis également des recueils de bidouillages sémantiques très virtuoses et/ou très modernes qui peuvent s’avérer aussi inconsistants que les ci-devant recueils lyriques, et dans lesquels le vécu n’est pas davantage au centre du poème, le seul engagement de leurs auteurs étant au mieux d’ordre artistique (plus facile c’est certain de vouloir passer pour un professionnel de l’Euro que de changer le monde, à commencer par le sien).

Si, si, ça existe. la majorité des poèmes est comme ça. Sans doute, les symptômes de cette maladie mortelle que les adultes nomment maturité.

Bien sûr, il reste des exceptions, sauf qu’elles ne sont pas assez courantes à mon goût.

Par ailleurs, d’autres poètes, trop nombreux, que j’ai eu l’occasion de publier dans Traction-brabant et que publient aussi des revues tierces, ne sont pas édités, malgré des démarches entreprises, et finissent par être découragés, alors que parfois, leurs textes, qui sont tout aussi bien écrits que les précédents évoqués, me paraissent en revanche beaucoup plus forts.

Pourquoi ?

Ces poèmes racontent des histoires, parlent d’êtres humains, collent de plus près à la réalité de l’action ou de vies intérieures débridées, ils ne refusent pas la révolte, n’excluent pas l’humour, ce propre de l’homme, ou la dérision, et si le besoin s’en fait sentir, accueillent l’exubérance des images chère aux surréalistes.

Cela n’empêche… l’inégal partage des chances qui découle de la situation ci-dessus décrite, synonyme pour moi d’injustice, me pose problème, et surtout me semble injustifié, à moins que vous pensiez que mes goûts de lecteur relèvent de la perversion, ce qui ne serait pas sympathique pour les auteurs sélectionnés !


Une petite solution…


Voilà pourquoi je vais essayer de sortir de l’ombre totale ces perles rares, même si c’est à 100 exemplaires, avec peut-être la perspective derrière, voire le rêve ou l’illusion, de devenir un passeur pour des éditeurs plus professionnels que moi.

Dans le cas contraire, ces faux poètes en herbe auront été au moins une fois édités dans leur vie, si ce n’est avec professionnalisme, du moins avec passion.

Par conséquent, y a plus qu’à, sachant que cette activité, qui s’ajoute à plusieurs autres, peut s’arrêter du jour au lendemain.

Alors, un point essentiel : je dispose déjà d’une longue liste d’auteurs à publier, étant devenu, malgré moi, un chasseur de textes depuis que j’anime « Traction-brabant » (depuis 2004) : cette liste est dans ma tête et je ne vous la communiquerai pas.
Ainsi, je n'édite que les auteurs que je contacte...

Mon boulot consiste donc à barrer des noms une fois que l’édition est terminée, mais sachez le, au rythme de deux publications par an et pas davantage, on n’est pas rendus !

Tant pis, bien que l’escargot soit par nature très lent, il glisse. Et j’aime à espérer qu’il n’oubliera jamais ses alliés, les emportant sous sa coquille.

Pour finir et à toutes fins inutiles après ces explications, voici quelques règles simples mais efficaces :

1) les auteurs qui m’envoient spontanément des fichiers textes de 1 à un nombre infini de pages par mail ou par la poste pour édition, direction la corbeille en 10 secondes (lancez -vous plutôt dans de la politique que dans la poésie : voilà qui rapportera plus à votre ego) ;

2) les auteurs qui m’envoient spontanément des fichiers textes de 1 à un nombre infini de pages par mail ou par la poste pour savoir si c’est bien écrit (avant d’aller voir ailleurs où ça gagne plus), direction la corbeille en 5 secondes ;

3) plus généralement et cela va sans dire, mais sait-on jamais, les auteurs qui ne font pas l’effort de lire un recueil du Citron Gare (idem pour Traction-brabant) et d’en défendre l’esprit, montrant un intérêt exclusivement personnel à vouloir être édités : direction la corbeille en 2 secondes ;

4) pas deux fois le même auteur publié ici; 

5) possibilité d’éditer des recueils écrits à deux mains : la vôtre et la mienne (vous êtes bien embêtés là hein !) ;

6) possibilité de placer les œuvres d’un illustrateur;

7) seul chemin praticable : http://www.traction-brabant.blogspot.com/, c’est à dire par la revue poézine Traction-brabant de l'association Le Citron Gare, en m'adressant un message me prouvant que vous êtes un être humain (sinon, poubelle  : je ne suis pas votre clébard, bien sûr !), comme vous le faites malgré tout le plus souvent depuis plusieurs années, message accompagné d'un nombre maximum de 10 pages de poèmes en format A4, possible ticket pour Traction-brabant, sans aucune promesse pour un au-delà de la complicité, sauf que rien n’est impossible, à partir du moment où vous ne me demandez rien :

c’est ce que l’avenir nous dira.

 


En guise de post-scriptum, quelques recommandations aux auteurs intéressés par une publication:


C’est pas compliqué. Ne dérangez pas plus d’une fois les éditeurs qui ne répondent pas à vos envois, publient tout le temps les mêmes personnes (surtout pas vous), et donc vous prennent pour des billes. Laissez les tourner dans leur coin coin. Puis créez vos propres revues, éditions, avec l’aide d’Internet.

Lancez-vous donc ! Autoéditez-vous mais pas uniquement. Montrez-vous capables de vous intéresser à d’autres écritures que la vôtre, faites votre marché : il en restera toujours quelque chose.

Et n’essayez pas de vivre que de la poésie. Elle mérite beaucoup mieux que ça.


Patrice Maltaverne

"Dans les agates", de Michel Talon

 


12 X 15 cm
92 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9561971-4-0

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Voici un poème extrait du recueil qui vous permettra de retomber "Dans les agates" :


"CES VISAGES

Ces visages qui montent
en ligne,
sont le feu,
Le pain blanc
des jeunes soleils.

Les attendre au tournant,
leur dire
les mots des étoiles,
la beauté de l'allée
du château.

Défilent les mannequins,
La clarté du jour
en fait des fleurs.
Au premier détour
que croisent les regards
qui s'invitent au parfum d'or
au passage de la pluie."


Michel Talon est né en 1949.
Lectures à la Maison de la Poésie en 1991 et saison 95/96 à Paris.
Publications en revues : Froissart, Laudes, jalons, Le Cerf-Volant, Vents et Marées, Poésie I, Diérèse, Multiples, Le Cri d'Os, Traction-brabant, Poésie sur Seine.
Intervenant culturel en milieu scolaire (DRAC).
Recueils de poèmes :
La nuit verte (1977) Maison Rhodanienne de Poésie ed.
Désir sans mémoire (1985) Guy Chambelland ed. Prix Charles Vildrac de la SGDL
Haute voie (1989) Guy Chambelland ed.
Saisons (1994) Manuscrit. Prix du Jury Amélie Murat
Le Guetteur (1997) La Bartavelle ed.
Par défaut (2005) La Bartavelle ed.
Fièvres du mystère (2009) Abatos ed.
Émotions (2018) Grinta ed - traduit en roumain par Marcela Hadarig.

"la poésie, c'est le refuge le plus sûr"

On ne parle pas d'un poème. Un poème cela se respire, se boit, se mange. C'est un arbre vivant sculpté par la main de l'homme, la fête de la rose et du blé parfois, même celle des larmes.

                                                                                                     Claude de Burine

Quatrième de couverture du Guetteur.

"J'entends des voix", de Julien Boutreux et Dominique Spiessert


12 X 15 cm
89 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9561971-3-3

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Voici déjà un poème pour entendre des voix :

"J’ai un métier plus ou moins cool
je me perds dans les rues
je ne le fais pas exprès
même dans la ville où je vis depuis des années
je me perds
même dans les rues familières
j’ai besoin d’un plan
je le consulte
et je me perds
je suis allé cent fois à tel endroit
et pour y retourner
je me perds
et pour en revenir
je me perds
c’est une seconde nature chez moi
l’errance
la terre inconnue en terrain connu
voir l’étranger dans le familier
ne jamais rien reconnaître
vivre dans un labyrinthe
une énigme
un grand mystère"

Julien Boutreux est né en 1976 (dragon de feu). Publications : Prix du jeune écrivain 2000 (anthologie de nouvelles au Mercure de France, oui monsieur dame) / tout plein de choses parues dans tout plein de revues (ou presque) depuis 2014 et le réveil de la bête / L’oiseau de pierre (La Porte, 2016) / Le rasoir d’Ockham appliqué au poète (Polder, 2019) / Cinquante vues du Serpentaire (Z4, 2019) / Anagrammes (Lunatique, 2020). S’abandonne à son penchant macabre pour les couvertures sombres en animant à ses heures perdues Chats de Mars, livret noir de poésie sporadique (ou l’inverse) : http://chatsdemars.simplesite.com/

Dominique Spiessert, né en 1952 à Angers est peintre-affichiste-muraliste. Vit et travaille à Tours. Études aux Beaux-Arts de Tours. Nombreuses expositions en France et à l'étranger (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Tokyo, Kyoto, Yokohama, Parme...). Peintures murales (Tours, Blois, La Rochelle, Parsi, Parme, Nantes, Rennes, Mons). Affichiste pour des événements culturels. Conception / réalisation de tapis d'artistes à Paris et Tokyo. Décors de théâtre et de concerts. Nombreuses illustrations pour l'édition. Son blog : http://spiessertblog.blogspot.com et sa page Facebook : www.facebook.com/dominique.spiessert

"En direction de l'ouest", de Murièle Camac et Michael McCarthy


12 X 15 cm
75 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9561971-2-6

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Histoire de faire connaissance avec l'ambiance de ce livre, en voici l'un des poèmes, comme une invitation :

"Mon ermitage se trouve loin de la capitale,
en direction de l'ouest,
Le vent y souffle dans les arbres.
Les ronciers y sont aussi des mûriers.
On y produit du temps.
Je vous invite à venir y boire avec moi, à petites gorgées, le thé de la disparition."


Murièle Camac a publié en 2016 Regarder vivre (éditions N&B), qui a obtenu le prix Poésie française 2017 de la revue Nunc et a été sélectionné pour le prix Révélation de Poésie 2017 de la SGDL. Autres recueils publiés : Vitres ouvertes (Gros Textes/Décharge, collection Polder, 2012) ; La Mer devrait suffire (Henry, 2014). Son blog : http://murielecamac.blogspot.com/

Michael Mc Carthy, photographe américain, a obtenu un Master de photographie à Tyler School Of Art à Philadelphie. Il enseigne la photographie depuis vingt ans, et a exposé dans divers galeries et musées aux États-Unis, en France, en Italie et en Grèce. Son travail est représenté par la Galerie Duboys à Paris. Son site : http://michael-mccarthy.com/


Adieu à Mathieu Coutisse, "remorqueur d'étoiles", par Chloé Landriot

J'ai appris hier la disparition de Mathieu Coutisse, qui avait eu la gentillesse d'écrire la quatrième de couverture de mon second recueil "Vingt-sept degrés d'amour", paru chez Patrice Maltaverne aux éditions du Citron Gare. 
C'est justement grâce à Patrice que nous avions commencé à correspondre, ou plus exactement grâce à cette drôle de manie de Traction-brabant de faire figurer les adresses des poètes publiés, pour qu'ils s'entr'écrivent si le cœur leur en dit. 
Mathieu Coutisse (alias Michel Delfosse dans la vraie vie) m'avait contactée au sujet de mes tout premiers poèmes. Il a été l'un des premiers à m'encourager à continuer. Ce premier message très court était signé : Mathieu Coutisse (poète assez vieux et plus tellement inspiré, qui prend donc plaisir aux réussites des autres).

C'est tout dire de sa générosité et de sa manière de ne pas se prendre trop au sérieux. Nous nous sommes écrits ensuite pour partager nos impressions de lecteurs sur les revues poétiques auxquelles nous étions abonnés, il m'a dit ses regrets de s'être soumis aux exigences de sa vie professionnelle au détriment de ses "tendances de poète", ce qui lui donnait le sentiment, la retraite venue, d'avoir du temps à rattraper. Ses recueils ont paru aux éditions Lanskine et le dernier à compte d'auteur.

La note bio-bibliographique de son éditeur se trouve ici : http://www.editions-lanskine.fr/les-auteurs
Il avait le sens de la brièveté qui donne à rêver, dans des poèmes où la tendresse pour la nature e les gens affleure à chaque instant. Ici, quelques extraits du Canard bleu et noir (Lanskine, 2017)

Tous les coquelicots sont en pèlerinage
Et se reposent un peu entre les paysages.

J'ai été l'écorce des arbres
Ensuite, ou peut-être avant,
Caïd d'un gang de coups de vent.

Abandonnée par Prométhée
Une vieille en pelisse éraillée
Gratte un loto dans un bistrot

Ses textes habitent l'univers des comptines, celui des enfants qui prêtent vie aux choses et aux animaux :

Une cerise embrasse un œuf
Si blanc, dodu, décoquillé
Qu'elle n'a pu lui résister

Le mouton a demandé l’heure
L'arbre ne la lui dit pas
Le vent s'amuse avec le chat

Et parfois, au détour d'un tercet, il définit sans façons le travail du poète :

On me croit des plus occupés
Je ne suis en réalité
Que la lucarne du grenier

Le chagrin n'est jamais bien loin, il prépare le café, en bas, tandis que l'espérance traîne sous la couverture, ou bien il déborde des tiroirs, comme la mer adriatique, mais ce n'est pas bien grave, car dans ses poèmes, "la joie couche avec le cafard".

Et derrière cette simplicité et cette tendresse, on retrouve l'idée d'un chemin, celui que nous parcourons tant bien que mal dans cette vie, qui vaut assurément d'être vécue, comme me l'écrivait Michel dans son dernier message.

Ça fait longtemps que je suis mort
Et pourtant je m'agite encore,
C'est que je suis un être humain
Et n'ai que mon temps pour chemin.

J'ai le brevet de remorqueur d'étoiles
Pourtant ce sont elles qui me tirent
Toutes ensemble et très lentement.

Un jour viendra où en partant me promener avec le chien
Nous pourrons inviter aussi les plantes du jardin.